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La nuit au coeur de Natacha Appanah




 "De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi." La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.

Le lotissement de Claire Vesin



 « D’une main mal assurée, Elise sort les allumettes de sa poche et frotte un bâtonnet contre la boite en carton. Elle doit s’y reprendre à deux fois ; ce n’est pas la peur qui fait trembler ses doigts, c’est la rage. »


Que s’est-il réellement passé en 1986 à Mare-les-Champs, village pavillonnaire de la banlieue parisienne ? Plus de trente ans après une série d’événements tragiques, une femme revient sur les lieux de son enfance pour en exhumer les secrets. Ceux de Suzanne, jeune institutrice fraîchement arrivée, de Béatrice, reine incontestée de la petite communauté, et de sa fille Élise, l'adolescente rebelle. Entre non-dits et faux-semblants, elle ravive des blessures que chacun préfèrerait oublier.


Le Lotissement nous plonge au cœur des années 1980, dans une France en plein bouleversement. Le Pen à L’Heure de vérité, l'essor des HLM, la catastrophe de Tchernobyl mais aussi les tubes de Balavoine, la colle Cléôpatre et les cagoules qui grattent : Claire Vesin met à nu la mémoire collective, les méandres du désir et la violence feutrée des rapports sociaux. Un roman acéré et envoûtant, où la tension monte, jusqu’à l’embrasement.

L'avocat du diable de Jean-François Pasques

 


Jean-François Pasques sera en rencontre à la bibliothèque
 le jeudi 21 mai 2026

Dans un monde où la technologie éclipse l’humain, le commandant Delestran, véritable flic « à l’ancienne », se retrouve à la croisée des chemins. Avec une détermination inébranlable, il reprend du service malgré une période de quasi-disgrâce. Son enquête le plonge au coeur d’une affaire très sensible : une plainte contre l’écrivain le plus en vue du moment, un personnage aussi
fascinant que dangereux.
C’est un bras de fer psychologique qui s’engage entre Delestran et cette star littéraire. Dans cette lutte, Delestran ne se contente pas de traquer le crime ; il doit également affronter la fascination que cet homme exerce sur lui.
Jean-François Pasques, dont le précédent livre, 
Fils de personne, a remporté le prestigieux Prix du Quai des Orfèvres en 2023 et conquis plus de 230 000 lecteurs, nous entraîne une fois de plus dans un polar palpitant. Son talent indéniable pour capturer les tensions humaines et les mystères du crime rend ce nouveau roman incontournable

L'oreille absolue de Agnès Desarthe


 « C’était un hiver lumineux et sec où rien ne semblait devoir mourir. »

Un petit garçon intenable rencontre un homme au bout du rouleau. Une femme retrouve son amant disparu. Un musicien prépare un concours avec un jeune prodige qui ne sait pas lire une note. Deux adolescents filent à moto sans casque.

Ces personnages – et bien d’autres encore - semblent n’avoir aucun lien entre eux, si ce n’est que tous appartiennent à la même harmonie municipale.

Mais une fillette timide promise à un brillant avenir les observe sans qu’ils le sachent. Elle comprend qu’un fil les relie tous et qu’un sort a suspendu pour un temps les drames individuels. Que ce fil vienne à rompre, et tous tomberont. La musique, alors, s’arrêtera.

Dans cet admirable roman polyphonique, Agnès Desarthe s’amuse à nouer et dénouer les destins par le seul jeu de l’écriture.

Voyage, voyage de Victor Pouchet


 

"Orso voulait mettre en place ce qu'il appelait la théorie de la grande diversion. Il avait trouvé cette formule dans un livre et elle lui plaisait. Il fallait se changer les idées. Penser à autre chose. Chercher l'aventure dans des endroits inédits ; aller là où ils n'étaient jamais allés ; voir ce qu'ils n'avaient jamais vu ; avancer un peu plus loin, au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau." Orso et Marie s'aiment, mais leur quotidien insouciant se heurte à un chagrin brutal. Pour faire diversion, ils se lancent dans un road-trip improvisé. Grandiose et dérisoire, celui-ci les mènera du musée du Poids au musée de l'Amiante, du musée de la Gendarmerie à celui du Pigeon, en passant par Lourdes, la Moselle et Saint-Tropez. Autant d'étapes et de détours pour partir à la recherche d'autres vies que la leur et tenter, dans cette échappée, de préserver en eux un esprit d'enfance que l'âge adulte laisse trop souvent derrière lui.

 Roman d'amour autant que d'aventures, merveille de drôlerie et de tendresse, Voyage voyage invite à choisir les chemins de traverse pour trouver de la joie là où on ne l'attend pas.

Fils prodigues de Colin Barrett

 


Dix ans après le merveilleux recueil de nouvelles « Jeunes loups », le premier roman très attendu de Colin Barrett.
Gabe et Sketch, deux petits escrocs du comté de Mayo, enlèvent Doll English, le jeune frère d’un homme du coin qui leur doit quelques milliers de dollars pour dette de drogue. Ils se terrent le temps d’un week-end chez Dev, âme sensible et introvertie dont la ferme isolée constitue l'endroit idéal où attendre la rançon.
Dans cette Irlande prolétaire où les rêves s’effilochent avant même qu’on n’y croie, Colin Barrett capture avec grâce la mélancolie des vies minuscules. Portrait d’une poignée d’âmes en peine et d’une génération perdue, ce roman contient autant d’amour et d’humanité qu’un film de Ken Loach, et nous touche au coeur.
Sélection du Booker Prize 2024.

Finistère de Anne Berest


 

Anne Berest poursuit sa grande exploration des « transmissions invisibles » et ses interrogations autour de la trans-généalogie. De quoi hérite-t-on ?

« À chaque vacances, nous quittions notre banlieue pour la Bretagne, le pays de mon père, celui où il était né, ainsi que son père - et le père de son père, avant lui. Le voyage débutait gare Montparnasse, sous les fresques murales de Vasarely, leurs formes hexagonales répétitives, leurs motifs cinétiques, dont les couleurs saturées s'assombrissaient au fil du temps, et dont l'instabilité visuelle voulue par l'artiste, se transformait, année après année, en incertitude. »

Après La Carte Postale et Gabriële, Anne Berest déploie un nouveau chapitre de son oeuvre romanesque consacrée à l'exploration de son arbre généalogique : la branche bretonne, finistérienne, remontant à son arrière-grand-père. Ici, la petite et la grande Histoire ne cessent de s'entremêler, depuis la création des premières coopératives paysannes jusqu'à mai 68, en passant par l'Occupation allemande dans un village du Léon et la destruction de la ville de Brest.

Par où entre la lumière de Joyce Maynard


 Une plongée émouvante dans l'intimité d'une famille qui doit réapprendre à vivre après les épreuves qui l'ont brisée.

Eleanor est de retour dans la maison familiale du New Hampshire, quittée presque vingt-cinq ans plus tôt. Cette ferme où elle avait épousé Cam, celui qu'elle croyait être son grand amour et dont elle s'était séparée, Eleanor pensait ne jamais la retrouver. À ses côtés, son fils Toby : à trente ans, il porte les séquelles neurologiques d'un accident survenu dans l'enfance et savoure un quotidien tranquille auprès de ses chèvres.
Eleanor apprend à vivre au rythme des tâches agricoles, de ses inspirations artistiques ou des week-ends au marché des producteurs. Elle reçoit de loin en loin des nouvelles de son fils aîné, Al, établi à Seattle avec sa compagne qui peine à avoir un bébé ; et elle regrette le silence de sa cadette Ursula, qui la prive de visites à ses deux petits-enfants.
Tandis qu'elle accueille sa nouvelle voisine enceinte de neuf mois, Eleanor prend conscience des sacrifices qu'elle-même a endurés, se dédiant entièrement au bonheur de ses proches. Mais à présent saura-t-elle entendre, à son âge, l'appel du renouveau ? Saura-t-elle reconnaître le bonheur quand il se présentera à elle ?
Ce roman bouleversant, qui court du début des années 2010 à nos jours, relie l'évolution de ses personnages aux transformations de la société américaine. En explorant avec sensibilité et justesse une famille meurtrie aux liens distendus, Joyce Maynard lui offre une singulière perspective de réconciliation : et si la lumière leur parvenait du plus fragile d'entre eux ?

Le club des enfants perdus de Rebecca Lighieri


À 27 ans, Miranda aimerait bien se dire que ses parents lui ont transmis leur joie de vivre mais elle est incapable de supporter les arrangements du monde adulte avec la souffrance et l’injustice. Son père, Armand, s’est toujours interrogé sur l’étrangeté de sa fille, depuis toute petite dotée de facultés paranormales. Elle lit dans les pensées d’autrui, souffre de dédoublements. Ce monde magique, bizarre, de l’enfance la protégeait, mais il va se retourner contre elle. Elle devient fascinée par le « Club des 27 », formé par ces artistes du rock morts à l’âge de 27 ans comme Jim Morrison, Kurt Cobain, Amy Winehouse… Des événements étranges vont se précipiter dans la vie de Miranda, avec la malédiction d’être parasitée par les pensées et les émotions d’autrui. Elle se souvient d’un voyage à Berlin, chez ses grands-parents maternels, où elle tente de percer le mystère de Bonnie, présence fantomatique d’un bébé qu’aurait eu sa mère avant elle. Tout se passe comme si un terrible compte à rebours s’était enclenché. « Pourquoi avons-nous refusé de voir l’étrangeté de Miranda ? » demande Armand. Comme si nous étions incapables de voir la détresse que la société impose à ses propres enfants, et le divorce générationnel devant l’état du monde.
 

La maison vide de Laurent Mauvignier


 


    En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.
À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.
Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.
Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.